Istanbul : le 13e Symposium international Bediuzzaman met en lumière un aspect méconnu de la pensée de Said Nursi
Le 13e Symposium international consacré à Bediuzzaman Said Nursi se poursuit à Istanbul, réunissant des chercheurs venus étudier l'héritage intellectuel de ce grand savant musulman du XXe siècle. Lors d'une session, une universitaire a mis en lumière un aspect peu connu de sa démarche : son recours au boycott économique, antérieur à celui pratiqué par Gandhi.
Contexte
Né en 1877 dans le village de Nurs, en Anatolie orientale, et mort en 1960 à Urfa, Said Nursi est l'une des figures majeures de la pensée islamique turque du XXe siècle. Son surnom, Bediuzzaman — « la merveille de l'époque » —, témoigne de la reconnaissance précoce de ses capacités intellectuelles. Il est surtout connu pour le Risale-i Nur, une œuvre de plusieurs milliers de pages consacrée à l'exégèse du Coran et à la défense de la foi à l'ère moderne.
Tout au long de sa vie, il s'est également intéressé aux questions d'éducation, plaidant notamment pour le développement de l'enseignement dans les régions orientales de l'Anatolie. Les symposiums internationaux qui portent son nom rassemblent régulièrement des universitaires du monde entier pour analyser différents aspects de sa pensée : théologie, éducation, société, rapport entre science et religion.
Détails
Les travaux du 13e Symposium international Bediuzzaman se poursuivent à Istanbul autour de la pensée de Said Nursi, rapporte l'agence Anadolu.
Lors d'une session consacrée au penseur musulman, la professeure Alev Erkilet, de l'Université Ibn Haldun, a affirmé que Bediuzzaman avait pratiqué le boycott économique avant Gandhi. Cette déclaration situe Said Nursi dans le contexte plus large des formes de résistance civile du début du XXe siècle et met en évidence l'originalité de son approche face aux défis politiques et sociaux de son époque.
Le symposium poursuit l'examen de l'influence et de l'actualité de la pensée de Nursi dans les débats contemporains touchant l'islam, le savoir et la société.
Conclusion
L'étude de la pensée de Said Nursi ne se limite pas à la Turquie. Le Risale-i Nur a été traduit dans de nombreuses langues, dont le français, et fait l'objet de cercles d'étude dans plusieurs pays d'Europe. En Belgique, où la communauté d'origine turque est installée depuis les accords de main-d'œuvre des années 1960 — notamment à Bruxelles, Anvers, Gand et Genk —, cette œuvre circule au sein des milieux musulmans attachés à la formation intellectuelle et spirituelle.
Pour les lecteurs francophones de Belgique et d'ailleurs, ce type d'événement académique offre l'occasion de mieux connaître une pensée islamique qui a marqué le XXe siècle et qui continue d'alimenter les réflexions sur la place de la foi et de la raison dans les sociétés contemporaines. Les travaux de ce symposium s'inscrivent dans un mouvement de recherche universitaire qui devrait encore se développer dans les années à venir.